Dossier

Publié le 27 août 2013 | par Kevin Bitterlin

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Xbox One : raccrochage aux branches

La Xbox One s’en est pris plein la truffe à l’E3. Mais qu’est ce qui clochait ? Le fond ou la forme ?

Souvenez-vous. Le 11 juin dernier sur les coups de 5 heures du matin, Sony déclare la guerre à son concurrent direct en trollant les nouvelles fonctionnalités et spécificités de la Xbox One. Le séant déjà endolori de Microsoft et de sa Xbox One reçoit alors une monumentale fessée déculottée, sous les applaudissements de millions de spectateurs hilares et satisfaits. Pour le monde entier ou presque, la nouvelle machine de Microsoft est le diable. Elle bafoue les lois commerciales, elle nécessite une connexion Internet permanente ou presque, elle viole l’intimité et la vie privée du joueur… De son côté, la PS4 apparaît exempte de toutes ces tares, radieuse, pimpante et immaculée. Et moins cher aussi. Il n’y a plus aucun doute, Sony a marqué les esprits et a dégommé son rival sur le terrain de la communication.

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Quelques jours plus tard, c’est le branle-bas de combat. Microsoft fait machine arrière et reconnaît ses erreurs. Jamais, la firme de Redmond n’aurait dû proposer de telles fonctionnalités. Sous la pression et la vindicte populaire, la Xbox One évacue la majorité de ses spécificités. Et notamment sa politique en matière de DRMs, ces mesures de protection pernicieuses qui auraient empêché le prêt d’un jeu à un ami et auraient nui au marché de l’occasion. Sur le coup, l’annonce fait l’unanimité. Les joueurs s’enorgueillissent d’avoir fait reculer Microsoft tandis que le constructeur accueille avec soulagement la vague de sympathie suscitée par ce rétropédalage. Seulement voilà, une fois la polémique retombée, quelques voix minoritaires se sont faîtes entendre. Et si la vision, désormais caduque, de Microsoft n’était pas si effroyable ? Récemment, une pétition a même vu le jour, pour pousser la firme à revenir sur ses positions initiales. « Cela devait être l’avenir du divertissement. Une nouvelle façon de jouer où vous auriez eu la possibilité d’acheter, échanger, partager ou vendre les jeux en ligne. En quelque sorte c’était comme un Steam pour la Xbox. Mais les consommateurs ont été mal informés et se sont ralliés contre cette idée et celle-ci a été retirée car Sony a tiré avantage de cette incertitude. » Voilà ce qu’on peut lire dans une supplique ayant déjà recueilli 25 000 signatures.

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Au bout du compte, on peut vraiment se demander si le constructeur n’a pas davantage été égratigné pour sa comm’ désastreuse que pour ses propositions technologiques. Les joueurs n’ont-ils pas été surtout écœurés par les justifications maladroites des pontes de Microsoft ? Plutôt qu’indignés par un positionnement commercial assez proche, au final, de ce que Steam propose sur PC depuis des années ? Si l’on ne saura jamais ce que la Xbox One aurait pu donner si elle n’avait pas viré sa cuti en cours de route, on peut en tout cas constater que Microsoft n’a pas bien vécu cette période d’atermoiements et de critiques tous azimuts. En témoigne l’éviction toute récente de Don Mattrick, qui occupait jusqu’alors le poste de vice-président de la société. Après une ultime bourde -Mattrick a invité les joueurs n’ayant pas Internet à rester sur Xbox 360-, le bonhomme a fait ses valises, direction Zynga, la boite responsable de Farmville, CityVille, et autres horreurs qui pullulent sur Facebook. Comme quoi, même quand on met en rogne des millions de gens et qu’on fait vaciller les cordons de la bourse d’une société aussi colossale que Microsoft, il y a toujours un petit poste de PDG pour retomber sur ses pattes.

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À propos de l'auteur

Kevin Bitterlin

- Journaliste pour JV



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